À retenir
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Toute heure travaillée au-delà de 35 heures par semaine (du lundi au dimanche) est une heure supplémentaire. - ✓
La majoration est de +25 % pour les 8 premières heures sup (36e à 43e) et +50 % au-delà. - ✓
On ne peut pas travailler plus de 48 heures par semaine, ni plus de 44 heures en moyenne sur 12 semaines. - ✓
Les heures sup sont exonérées d’impôt sur le revenu jusqu’à 7 500 € nets par an en 2026. - ✓
En cas de litige, c’est votre agence d’intérim qu’il faut contacter : c’est elle votre employeur, pas l’entreprise où vous travaillez.
Qu’est-ce qu’une heure supplémentaire en intérim ?
C’est toute heure travaillée au-delà de 35 heures sur la semaine. La règle est la même pour tout le monde, intérimaire ou pas (article L.3121-28 du Code du travail). Ce qui compte, c’est la semaine civile : du lundi 0h au dimanche 23h59. Chaque semaine repart à zéro. Si vous faites 32 heures une semaine et 40 la suivante, seules les 5 heures qui dépassent 35h la deuxième semaine sont des heures supplémentaires.
Et si vous êtes à temps partiel ?
Dans ce cas, on ne parle pas d’heures supplémentaires mais d’heures complémentaires : ce sont les heures effectuées au-delà de ce que prévoit votre contrat, sans dépasser 35 heures. La majoration est de 10 % jusqu’à 10 % de votre durée contractuelle, et de 25 % au-delà. Vous ne pouvez pas en faire plus de 30 % de votre temps de travail contractuel.
Les heures supplémentaires « structurelles »
Dans certains secteurs comme le transport, la restauration ou l’événementiel, le contrat peut prévoir d’emblée une durée hebdomadaire supérieure à 35 heures. Ces heures au-delà de 35h sont dites « structurelles » : elles sont intégrées au contrat dès le départ et déjà incluses dans la rémunération.
Calcul des heures supplémentaires en intérim
Le principe est simple : vous comparez les heures réellement travaillées dans la semaine avec les 35 heures légales. La différence, c’est vos heures supplémentaires. Rien de plus compliqué.
Ce qui est important en pratique, c’est de noter vos heures chaque jour et de les reporter correctement sur le relevé d’heures que vous transmettez à l’agence. C’est ce document qui sert de base à votre bulletin de paie. S’il y a un désaccord sur le nombre d’heures, c’est lui qui tranche.
Deux cas particuliers à garder en tête :
- RTT et modulation : si l’entreprise a mis en place un système de RTT ou de modulation du temps de travail, le calcul peut être différent. Votre agence peut vous expliquer comment ça s’applique à votre mission.
- Conventions collectives : dans certains secteurs (le transport notamment), la convention collective peut prévoir un décompte sur 7 jours consécutifs qui ne commencent pas forcément le lundi.
Majoration des heures supplémentaires en intérim
C’est là que ça devient intéressant. Sans accord de branche ou d’entreprise, la majoration légale est :
- +25 % pour les 8 premières heures supplémentaires de la semaine (de la 36e à la 43e)
- +50 % pour toutes les suivantes (à partir de la 44e)
Ces taux s’appliquent sur votre taux horaire brut. Un accord de branche peut prévoir des taux différents, mais jamais inférieurs à +10 %.
Un exemple concret du calcul d’heures supplémentaires en intérim
Vous travaillez 45 heures dans la semaine à 14 € de l’heure :
| Heures | Majoration | Taux horaire | Montant |
|---|---|---|---|
| 35 heures (base) | Aucune | 14,00 € | 490,00 € |
| 8 heures sup. (36e à 43e) | +25 % | 17,50 € | 140,00 € |
| 2 heures sup. (44e et 45e) | +50 % | 21,00 € | 42,00 € |
| Total brut de la semaine | 672,00 € | ||
Les heures supplémentaires apparaissent sur des lignes distinctes de votre bulletin de paie et sont versées avec votre salaire du mois.
Heures supplémentaires la nuit ?
Si vos heures sup tombent la nuit (généralement entre 21h et 6h), les deux majorations se cumulent. La majoration nuit, comprise entre 10 % et 30 % selon la convention collective, vient s’ajouter à celle des heures supplémentaires.
Témoignage
« On voit souvent des intérimaires surpris par leur bulletin en fin de mois, mais dans le bon sens. Avec la majoration à 50 % sur les heures au-delà de la 43e, ça peut faire une vraie différence. L’essentiel, c’est de bien noter ses heures au quotidien et de nous les transmettre correctement pour qu’on puisse établir la paie sans erreur. »
Lucie, Conseillère en recrutement, Agence Job&Box Rennes
Combien d’heures supplémentaires peut-on faire en intérim ?
Il y a trois limites à respecter, et elles s’appliquent à tout le monde, intérimaires compris :
- 48 heures maximum par semaine. C’est le plafond absolu. Dans des cas vraiment exceptionnels et avec l’accord de l’inspection du travail, il peut monter à 60 heures.
- 44 heures en moyenne sur 12 semaines consécutives. Même si une semaine dépasse 48h exceptionnellement, la moyenne ne peut pas excéder 44h sur le trimestre.
- 220 heures par an : c’est le contingent légal annuel, sauf si un accord de branche prévoit autre chose.
Si vous dépassez les 220 heures annuelles, l’entreprise doit vous accorder une contrepartie obligatoire en repos (COR) :
- 1h30 de repos par heure supplémentaire dans les entreprises de moins de 20 salariés
- 2 heures de repos par heure supplémentaire dans les entreprises de 20 salariés ou plus
Récupération des heures supplémentaires en intérim
Les heures supplémentaires ne sont pas forcément payées en cash. Si la convention collective ou un accord d’entreprise le prévoit, elles peuvent être compensées par du repos compensateur de remplacement (RCR). Vous récupérez alors du temps libre équivalent à ce que vous auriez touché en majoré.
Par défaut, les équivalences sont :
- 1h15 de repos pour chacune des 8 premières heures sup
- 1h30 de repos pour les suivantes
Une fois que vous avez cumulé 7 heures de repos, vous devez les prendre dans les 2 mois, en journée ou demi-journée. Si vous ne le faites pas dans ce délai, l’employeur a jusqu’à un an pour vous permettre de les poser (article D.3121-17 du Code du travail).
En pratique, le repos compensateur est moins courant en intérim qu’en CDI, parce que les missions sont souvent courtes. Si votre mission se termine avant d’avoir pu récupérer vos heures, parlez-en à votre agence pour savoir comment c’est géré.
Heures supplémentaires en intérim et fiscalité
Bonne nouvelle : les heures supplémentaires bénéficient d’un traitement fiscal avantageux, que vous soyez intérimaire ou en CDI. En 2026, elles sont exonérées d’impôt sur le revenu jusqu’à 7 500 € nets par an. Au-delà, la partie qui dépasse ce plafond rentre dans votre revenu imposable habituel. Cette exonération s’applique automatiquement sur votre bulletin, vous n’avez rien à faire.
Bon à savoir
En plus de l’exonération fiscale, les heures supplémentaires ouvrent droit à une réduction de cotisations salariales de 11,31 % (cotisations vieillesse de base et complémentaire). Concrètement, vous payez moins de charges sur ces heures, ce qui fait grimper votre net. C’est automatique, aucune démarche à faire.
Autre avantage souvent oublié : les heures supplémentaires entrent dans la base de calcul de l’indemnité de fin de mission (IFM). Plus votre rémunération brute totale sur la mission est élevée, plus votre IFM sera conséquente.
Questions fréquentes sur les heures supplémentaires en intérim
Peut-on refuser de faire des heures supplémentaires en intérim ?
En règle générale, non. Si l’entreprise vous demande des heures supplémentaires, vous êtes censé les faire. Mais vous pouvez refuser si on ne vous a pas prévenu suffisamment à l’avance pour vous organiser, si des heures précédentes n’ont pas été payées, ou si ça dépasse les limites légales. En cas de doute, contactez votre agence avant de refuser.
Y a-t-il un délai de prévenance obligatoire ?
La loi ne fixe pas de délai précis. L’entreprise doit juste vous prévenir assez tôt pour que vous puissiez vous organiser. Si vous apprenez ça au dernier moment et que ça bouleverse votre organisation, vous pouvez refuser sans risquer de sanction.
Les heures supplémentaires sont-elles prises en compte dans le calcul de l’IFM ?
Oui. L’IFM se calcule sur la rémunération brute totale de la mission, heures supplémentaires majorées comprises. Vous avez fait beaucoup d’heures sup ? Votre IFM sera d’autant plus élevée. Pour comprendre comment fonctionne cette indemnité, consultez notre article sur l’indemnité de fin de mission en intérim.
Est-ce que les heures supplémentaires impactent mes allocations chômage ?
Oui, positivement. Vos allocations ARE sont calculées à partir du Salaire Journalier de Référence (SJR), qui tient compte de toutes vos rémunérations sur la période de référence, heures supplémentaires majorées incluses. Plus vous avez gagné, plus votre SJR sera élevé. Pour tout comprendre sur le sujet, notre article sur le chômage après l’intérim répond à toutes les questions.
Les heures supplémentaires sont-elles toujours payées ou peut-on les récupérer ?
Les deux sont possibles. Si un accord de branche ou d’entreprise le prévoit, elles peuvent être compensées par du repos (RCR) plutôt que payées en argent. Sinon, elles sont rémunérées avec majoration. Regardez ce que prévoit votre contrat de mission ou demandez à votre agence.
Comment vérifier que les heures supplémentaires sont bien sur mon bulletin ?
Elles doivent apparaître sur des lignes séparées, avec le nombre d’heures, le taux de majoration et le montant. L’exonération fiscale doit aussi y figurer. Si quelque chose cloche, signalez-le directement à votre agence : c’est votre employeur, c’est à elle de corriger. Et si vous cherchez à optimiser vos revenus en intérim, notre article sur les métiers intérim les mieux payés peut vous donner de bonnes pistes.