À retenir
- ✓
Il faut avoir travaillé au moins 130 jours ou 910 heures sur les 24 derniers mois (36 mois si vous avez 55 ans ou plus) pour ouvrir des droits au chômage. - ✓
Toutes les missions intérim comptent, qu’elles soient longues ou courtes, chez un ou plusieurs employeurs. - ✓
Vous devez vous inscrire à France Travail dans les 12 mois suivant la fin de votre dernière mission. - ✓
Il est possible de cumuler l’ARE et une mission d’intérim, sous conditions de revenus et de durée. - ✓
Une démission en cours de mission ferme en principe les droits au chômage, sauf cas légitimes reconnus par France Travail.
Intérim et chômage, avez-vous des droits ?
Bien sûr ! Un intérimaire bénéficie des mêmes droits qu’un salarié en CDI ou en CDD en ce qui concerne l’assurance chômage. À chaque mission, des cotisations sont prélevées sur votre salaire et versées à l’Unédic, l’organisme qui gère l’assurance chômage en France. Ces cotisations alimentent vos droits à l’ARE au fil des missions, qu’elles soient longues ou très courtes.
La fin d’une mission d’intérim est considérée comme une perte involontaire d’emploi, au même titre qu’un licenciement ou qu’une fin de CDD. C’est cette notion qui ouvre le droit aux allocations. En revanche, si vous avez mis fin à une mission de votre propre initiative sans motif légitime reconnu, les règles sont différentes.
Combien d’heures d’intérim pour toucher le chômage ?
C’est la question que tout intérimaire se pose. Pour ouvrir des droits à l’ARE, il faut avoir travaillé un minimum de 130 jours travaillés ou 910 heures au cours d’une période de référence. Cette période varie selon l’âge :
- Moins de 55 ans : les 24 derniers mois sont pris en compte.
- 55 ans ou plus : la période de référence est portée à 36 mois.
Un « jour travaillé » correspond à 7 heures passées en mission. Les périodes entre deux missions (dites « intermissions ») ne sont pas comptabilisées, même si vous êtes inscrit dans une agence d’intérim pendant cette période.
Bonne nouvelle : toutes vos missions comptent, peu importe leur durée. Une mission d’une journée, d’une semaine ou de plusieurs mois chez un ou plusieurs employeurs s’additionne dans le calcul. C’est le cumul total qui détermine si vous atteignez le seuil des 130 jours.
Bon à savoir
En intérim, l’indemnité de fin de mission (IFM) versée à la fin de chaque contrat représente 10 % de votre rémunération brute. Elle n’entre pas dans le calcul de l’ARE, mais elle constitue une réserve financière utile pour traverser une période sans mission.
Comment calculer ses indemnités chômage après l’intérim ?
Le montant de l’ARE est calculé à partir de votre Salaire Journalier de Référence (SJR). Il correspond à la moyenne de vos revenus bruts perçus sur les 24 ou 36 derniers mois (selon votre âge), divisée par le nombre de jours travaillés.
L’allocation journalière est ensuite calculée selon la formule suivante : le montant le plus élevé entre 40,4 % du SJR + 13,18 € ou 57 % du SJR. Elle ne peut pas être inférieure à 32,13 € par jour ni supérieure à 75 % du SJR.
| SJR (salaire journalier de référence) | Allocation journalière estimée | Allocation mensuelle estimée (x 30) |
|---|---|---|
| 60 € / jour | 34,20 € (57 %) | environ 1 026 € |
| 80 € / jour | 45,60 € (57 %) | environ 1 368 € |
| 100 € / jour | 57,00 € (57 %) | environ 1 710 € |
Estimations indicatives. Le montant exact dépend de votre historique de salaires et est calculé par France Travail lors de votre inscription.
La durée d’indemnisation est proportionnelle à la durée travaillée : elle est égale au nombre de jours travaillés dans la période de référence, dans la limite de 24 mois (ou 36 mois pour les 55 ans et plus).
Fin de mission en intérim et chômage : les démarches à suivre
La fin d’une mission ne déclenche pas automatiquement le versement des allocations. Vous devez effectuer les démarches vous-même auprès de France Travail. Voici les étapes à respecter :
- S’inscrire comme demandeur d’emploi dans les 12 mois suivant la fin de votre dernière mission. Passé ce délai, vous perdez le bénéfice des droits acquis.
- Fournir les justificatifs : attestations employeur (remises par l’agence d’intérim à la fin de chaque mission), bulletins de salaire, et tout document attestant des heures travaillées.
- Respecter le délai de carence : un délai de 7 jours s’applique systématiquement après l’inscription avant le déclenchement des versements. S’y ajoute un différé d’indemnisation lié aux indemnités compensatrices de congés payés reçues en fin de mission.
L’inscription se fait en ligne sur le site de France Travail (anciennement Pôle Emploi) ou en agence France Travail. Votre agence d’intérim vous remet normalement l’attestation employeur à la fin de chaque contrat : conservez-les précieusement, elles sont indispensables pour votre dossier.
Témoignage
« On voit souvent des intérimaires arriver en agence en pensant que les démarches chômage se font automatiquement. Ce n’est pas le cas. Il faut s’inscrire soi-même à France Travail, et surtout ne pas attendre : chaque semaine perdue, c’est des droits qui partent. Gardez bien toutes vos attestations de fin de mission, c’est la base du dossier. »
Marion, Conseillère en recrutement, Agence Job&Box Rennes
Peut-on cumuler intérim et chômage ?
Oui, c’est possible. Si vous retrouvez une mission d’intérim alors que vous percevez l’ARE, vous pouvez dans certaines conditions cumuler les deux. Le principe est le suivant : France Travail verse une allocation réduite pour les jours où vous ne travaillez pas. Les jours travaillés ne donnent pas lieu à versement de l’ARE, mais ils ne consomment pas non plus vos droits. Ces jours sont en quelque sorte « mis de côté » et viendront allonger votre durée d’indemnisation totale.
Une condition s’applique : le cumul ARE + salaire intérim ne doit pas dépasser 70 % de votre ancien salaire brut mensuel de référence. Si ce plafond est dépassé, l’allocation est réduite en conséquence. Ce mécanisme est particulièrement avantageux pour les intérimaires qui alternent missions courtes et périodes creuses : chaque mission prolonge d’autant la durée de leurs droits.
Pour en savoir plus sur vos droits et les avantages réservés aux intérimaires Job&Box, nos conseillers sont disponibles en agences pour répondre à toutes vos questions !
Démission en intérim et chômage, quelles sont les conséquences ?
En intérim, « démissionner » peut signifier deux choses différentes, avec des conséquences très distinctes sur les droits au chômage.
1. Rompre son contrat en cours de mission
Si vous mettez fin à votre contrat de mission avant son terme sans motif légitime, vous êtes considéré comme démissionnaire. Dans ce cas, vous ne pouvez pas prétendre à l’ARE. La rupture anticipée d’un contrat d’intérim à votre initiative ferme vos droits, de la même façon qu’une démission en CDI.
2. Refuser une mission proposée par l’agence
Refuser une mission ne constitue pas une démission au sens juridique. Vous n’êtes pas obligé d’accepter toutes les missions proposées. En revanche, si vous êtes déjà indemnisé par France Travail et que vous refusez à répétition des offres raisonnables et adaptées à votre profil, cela peut entraîner une suspension ou une radiation de vos droits.
3. Les cas de rupture légitime
Certaines situations permettent de rompre un contrat en cours de mission tout en conservant ses droits au chômage. C’est notamment le cas si :
- Vous avez trouvé un CDI (vous pouvez quitter la mission pour le prendre).
- Vous êtes victime de harcèlement ou de conditions de travail dangereuses dûment constatées.
- Votre employeur n’a pas respecté ses obligations contractuelles (non-paiement du salaire, par exemple).
Dans ces cas, la rupture peut être reconnue comme légitime par France Travail, qui examinera la situation au cas par cas.
Les questions fréquentes sur le chômage après l’intérim
Peut-on toucher le chômage après une seule mission d’intérim ?
Oui, si cette mission vous a permis d’atteindre le seuil de 130 jours ou 910 heures travaillées sur les 24 derniers mois. Une mission longue de plusieurs mois peut suffire à elle seule. En revanche, une mission très courte ne sera pas suffisante si elle ne couvre pas le minimum requis.
Combien de temps après la fin d’une mission peut-on s’inscrire à France Travail ?
Vous avez 12 mois à compter de la fin de votre dernière mission pour vous inscrire et faire valoir vos droits. Passé ce délai, les droits acquis sont perdus. Il vaut mieux s’inscrire rapidement, même si vous êtes en recherche active de missions.
Les périodes sans mission comptent-elles pour le chômage ?
Non. Les intermissions, c’est-à-dire les périodes où vous êtes inscrit en agence mais sans contrat en cours, ne sont pas comptabilisées dans le calcul des droits au chômage. Seules les heures effectivement travaillées entrent dans le décompte.
Peut-on cumuler l’ARE et plusieurs missions d’intérim successives ?
Oui, c’est même l’un des avantages du dispositif pour les intérimaires. Chaque jour travaillé en mission pendant la période d’indemnisation vient allonger la durée totale de vos droits. Le mécanisme de cumul ARE et salaire permet de lisser les périodes creuses sans perdre de droits.
Que se passe-t-il si je refuse une mission pendant que je perçois le chômage ?
Refuser ponctuellement une mission ne remet pas automatiquement en cause vos droits. En revanche, France Travail peut sanctionner les refus répétés d’offres raisonnables et adaptées à votre profil, pouvant aller jusqu’à la suspension temporaire des allocations.